baraka


Manifeste de la " Rage du peuple
(
www.laragedupeuple.org)

"Nous sommes une rage qui se développe dans les ruelles du monde. Nous sommes des jeunes, de cœur et d'esprit, habités d'un désir de transformer notre condition. Nous sommes des citoyens qui en ont ras le bol de voir nos droits et notre liberté menacée par une mondialisation qui nous incarcère dans une prison à ciel ouvert.

Nous avons décidé de nous unir afin de pouvoir lutter humblement. Nous sommes un mouvement qui se diffuse de bouche à oreille tel une rumeur qui circule dans nos vies. Nous sommes une unité indivisible qui traverse les siècles. Nous sommes un peuple libre, debout, le poing levé.

Nous souhaitons développer la conscience et l'information libre et critique. Nous sommes des gens du peuple qui ne croient plus aux politiciens, mais qui veulent redonner un sens au mot politique. Parfois nous nous sentons isolés, laissés pour compte et mis en marge de la société, exclus et non écoutés, nous ne rentrons pas dans le moule. Pourtant nous sommes un réseau de citoyen du monde, et nous échangeons nos idées, nos expériences et nos alternatives, en dehors des partis politiques, ou lobbies d'influence.

Nous venons d'horizons divers, de cultures différentes et métissées. Nous venons des ruelles sombres, des grandes tours, des ensembles dont l'horizon est composé de béton sans espace vert. Nous sommes méditerranéens. Résistants dans les montagnes des Alpes.
Nous venons de Bretagne. Nous parcourons le Tibet et les montagnes de l'Himalaya, source du Gange. Nous venons d'Amérique du sud, d'Argentine, pays des piqueteros. Nous venons des Hauts plateaux Ethiopiens, d'Afrique et des îles caraïbes. Nous sommes issus de la Terre qui nous accueille.


Nous sommes les enfants de la terre qui souffre, nous avons souffert avec elle qui crie, nous crions avec elle; qui se rebelle, nous nous rebellerons avec elle.

Alors nous avons dit Basta ! Nous luttons contre les dictatures du capitalisme, le libéralisme et le jeu des puissants.
Nous combattons toutes les formes d'oppression de l'homme et de son environnement. Nous dénonçons les manipulations et les conspirations.

Nous ne voulons pas rester spectateur d'un monde qui ne nous satisfait pas. Nous luttons contre les formes de pollution qui nous empoisonnent. Nous sommes contre le pouvoir, inutile et destructeur, de quelques-uns uns et contre le malheur de tous.

Nous sommes contre l'exclusion la répression et la discrimination. Nous sommes contre la dictature et la démocratie des élites.

Nous sommes pour la conscience et l'éveil de nos frères et sœurs. Nous sommes pour l'autodéfense et vers la chute définitive du gouvernement.
Nous voulons vivre libres. Nous sommes pour la survie de l'espèce humaine, et des espèces vivantes. Nous sommes pour la paix et l'autogestion dans notre environnement Nous sommes pour reprendre nos droits, pour la démocratie du pouvoir d'agir. Le pouvoir est au peuple et ne peut être confisqué. Nous sommes pour le changement de l'organisation du monde.

Nous sommes pour la découverte de la richesse de chacun, et la mise à profit de nos différentes qualités. Chacun d'entre nous a une étoile qui brille et tend à émerveiller le monde.
Nous sommes acteurs de la transformation sociale, nous agissons local et pensons global, et nous souhaitons apprendre humblement tout ce que peuvent nous transmettre les peuples du monde : leurs luttes, leurs traditions ancestrales, leurs vies.

Nous sommes inscrits dans une lignée qui remonte à la nuit des temps, et nous ne pouvons oublier, nous oublier. Nos esprits sont ouverts sur le monde, enrichis par chacun et conscients des luttes historiques.

Nous investissons la place publique, à travers les concerts, les médias libres, les espaces ouverts, les manifestations, les blocages des lieux symboliques...
Nous allons vers un homme meilleur, réveillé, émancipé, responsabilisé avec des relations humaines basées sur le partage, la confiance, la coopération, l'échange, la joie…

Notre inspiration vient de nos enfants, c'est notre force, notre confiance. Notre inspiration nous vient des révolutionnaires, zapatiste, sankariste, guevariste, ….
Nous avançons vers plus de justice. Nous allons vers la concrétisation de nos utopies dans nos manières de vivre.

Nous sommes sur un chemin et nous avançons libre. Nous allons vers une autonomie de chaque individu pour un meilleur partage collectif. Nous allons vers une décroissance joyeuse de la consommation. Nous sommes la rage du peuple, une rage positive, fédératrice, porteuse d'espoir et de changements."




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La baraka,
lieu de paix, dynamique de vie et combat pour le Bien commun

Méditaation poétique, par Mohammed Taleb



Baraka est un mot arabe qui possède une riche gamme de significations. Elles ne se contredisent pas, mais disent à chaque fois des aspects particuliers.

Si ce mot est d’un usage populaire et courant, il a aussi une signification bien précise dans le vocabulaire de la philosophie musulmane, notamment dans la philosophie mystique (tasawwuf, soufisme).

On le traduit habituellement par « chance », mais il s’agit là d’une approche assez profane me semble-t-il. Plus juste est la signification de « bénédiction ».

Mais là aussi, nous perdons une part essentielle du mot arabe. Eric Younès Geoffroy souligne pour sa part : « On traduit souvent baraka par bénédiction, mais c’est plus exactement un flux spirituel. En tout cas, un maître est une bénédiction pour toutes les créatures. L’imam Shadili disait qu’il voyait « l’énergie divine, le fluide divin chez les poissons, dans leur frétillement incessant » » (1)

La baraka serait donc l’équivalent du qi (chi) de la tradition chinoise, énergie qui circule dans l’ensemble de l’univers, de la création. Ce mot possède aussi les connotations de souffle, de fluide, de vapeur. Le prana de l’Inde se rapproche de cette notion comme énergie vitale universelle.

Dans l’Islam de l’Asie du Sud-Est, on parlera de tenaga dalam, l’énergie du dragon qui au sein de l’humain doit être maîtrisée. L’Art martial du Silat, pour les musulmans de l’Indonésie ou de la Malaisie, vise à ce dialogue et à cette maîtrise du dragon.

Il n’est pas illégitime de mettre la notion de baraka, comprise comme flux divin, en rapport avec le thème du Souffle ou de l’Expir de la Miséricorde (divine), nafas ar-rahman, ou encore de l’Expir miséricordieux, nafas ar-rahmani.
C’est encore Eric Younès Geoffroy qui explique : « La création est sans cesse renouvelée, grâce au nafas al-Rahman, le souffle du Tout Miséricordieux, qui est souffle de vie. « Le miséricordieux », al-Rahman, est pour moi un attribut féminin de Dieu car ce mot vient du sémitique « rahim » qui désigne la matrice. » (idem).

Avec la baraka, nous avons donc une conception résolument dynamique et non pas statique de l’univers et de la présence de l’humain dans celui-ci.

Etre toujours en mouvement constitue donc une perspective inhérente à une éthique de la baraka. Mais mouvement ne signifie pas agitation. Le mouvement (harakat) est, ici, synonyme de hégire (hijra), élan qui va vers la Cité par excellence (Médine) (2).

En parlant de baraka, nous ne sommes pas sur le terrain d’une littérature ancienne ou de légendes archaïques. Il y a une actualité de la baraka. L’humanité et, avec elle, la Terre mère sont les victimes d’un système historique particulier, le capitalisme occidental, qui entend réduire toutes les réalités -  les femmes, les hommes, les peuples, la Nature vivante, et l’ensemble des relations qui se tissent entre eux – à l’état de choses et de marchandises.

C’est ce que le mouvement pour une justice globale (3), à l’échelle de la planète, dénonce lorsqu’il dit que « Le Monde n’est pas une marchandise ». La marchandisation du monde essaie de tuer la baraka, le qi, le prana, le souffle qui circule dans l’univers, car c’est ce souffle, cet « élan vital » (pour reprendre la formule du philosophe Henry Bergson), qui fait que le monde ne se réduit pas à un « tas de choses ».

La baraka est cette énergie qui permet à l’univers, et donc à l’humain, d’être vivants et d’avoir une profondeur subtile. Dans ce sens, le capitalisme est un système porté par une logique de mort.

La crise socio-écologique planétaire est une expression de la guerre mortelle que le capitalisme entreprend contre l’existence naturelle et humaine. La résistance suppose donc que l’on dynamise la baraka, autrement dit cette énergie qui tisse les liens, établie les rapports, renforce les solidarités…..

Dans la langue des oiseaux, cette ancienne langue des troubadours et des trouvères du Moyen Age (et que l’on trouve, bien sûr, dans toute les langues), les mots possèdent une autre signification, plus subtile, plus profonde en quelque sorte, que la signification commune. On y accède par le Jeu spirituel des sonorités …..

Ainsi, si nous prenons le mot « bénédiction » (qui est l’un des sens de baraka), nous aboutissons à ceci : la bénédiction est la santé par excellence, car elle est le Dit du Bien (Béné-Diction) qui répond au Dit du Mal (Maladie)… Etre à l’écoute de ce Dit, de cette Parole de guérison, la baraka, est donc nécessaire…. Sinon, le risque est grand que la maladie engendre un mal-entendu, voir une malédiction….

Retrouver le sens ultime de la baraka, comme souffle universel qui donne vie à toutes les réalités, c’est s’insurger contre un système qui provoque malédictions sur malédictions, et guérir, par des combats et des luttes sociales, politiques, culturelles, les blessures infligées à l’humanité et à la Terre.

A bien des égards la baraka ressemble à cette articulation entre ces trois justices : la justice sociale, la justice écologique et la justesse intérieure. C’est là le pari, me semble-t-il, de l’association Baraka.

Mohammed Taleb
Philosophe

Notes
 (1) http://64.233.183.104/search?q=cache:OYrbDSKRCA0J:
www.eric-geoffroy.net/article.php3%3Fid_article%3D17+baraka+soufisme&hl=fr&ct=clnk&cd=
1&client=safari
 (2) : L’hégire est un mot arabe qui signifie immigration. Il renvoie à un événement fondamental dans l’histoire des débuts de l’islam, lorsque le Prophète Mohammed quitta la Mekke pour aller à Médine (en 622). Ce mouvement est d’ailleurs un mouvement dans l’espace mais aussi dans le temps, car il marque le début du Calendrier musulman.
 (3) : Expression que nous préférons à celle d’altermondialisme.




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Ailes et Racines pour militants


Militants ou Mutants? petite comparaison qui nous parait interessante...
(Sources : http://www.globenet.org/archives/web/2006/www.globenet.org/horizon-local/articled2aa.html?id_article=10
)


Les débats ont conduit certains à tenter une présentation schématique de la militance classique et des formes alternatives d’engagement. René Macaire parlait de « militants » classiques et de « mutants ».

« MILITANTS »
« MUTANTS »
1. Approche sécularisée
Peu ou pas de spiritualité ni beaucoup d’attention aux relations interpersonnelles ; Attentive au visible, au mesurable, au quantitatif
1. Approche spirituelle
Le spirituel et l’interpersonnel y sont essentiels ; attentive à la dimension invisible, non-mesurable, qualitative
2. Le résultat à tout prix
La fin justifie les moyens ; Léninisme (capitalisme aussi !) ; la taille, la force, la croissance, l’efficacité importent
2. Cohérence du processus
Les moyens sont conformes aux buts (l’arbre est dans la semence) ; non-violence active ; « small » peut être « beautiful » ; f
écondité
3. Action spécialisée
Approche fragmentée de la connaissance (saucissonage) et de l’action ; « expertise » acquise dans un seul domaine, à base d’une seule discipline
3. Action multifonctionnelle
Approche de la connaissance et de l’action en reconnaissant la complexité et l’inter/rétroaction ; approche transdisciplinaire
4. Rationalisme et volontarisme
Analyse (à distance) et décision rationnelles (froides) conduisant à la maîtrise du réel et la planification ; convictions pré-établies (idéologies)
4. Holisme et synergie
Raison et intuition (logos et mythos) pour aborder la réalité vivante et l’action ; l’action sociale comme acte sacré (bien qu’imparfaite) ; lâcher-prise et proximité (des gens, des évènements)
5. Dominer (« top-down »)
Approche hiérarchique ; valeurs patriarcales, males (yang) ; mentalité « d’avant-garde » politique : savoir (ce qui est bon) pour « les gens à la base » ; paternalisme (y compris paternalisme de gauche) ; les gens comme objets d’analyse sociale et d’action
5. Participer (« bottom-up »)
Approche participative ; valeurs autant féminines que masculines (équilibre yin/yang) ; Recherche-Action Participative ; modestie intellectuelle ; abilité à écouter et être patient ; les gens sont acteurs, sujets de l’analyse sociale et de l’action
6. Prise de pouvoir
Ce qui importe c’est de prendre et d’exercer le pouvoir (de l’Etat)
6. Stimulation de la société civile
Appuyer des groupes humains et la dynamique associative ; aider les gens à se réaliser et à acquérir une voix, du pouvoir
7. Ethnocentrisme
Pas ou peu d’attention aux cultures locales ; projets de développement anti-culturels ; impérialisme culturel ; universalisme abstrait
7. Prise en compte de la culture
La dynamique culturelle locale comme point de départ (donc participation intense) ; culture comme dation de sens : ni relativisme ni universalisme fallacieux ; culture comme point de départ du changement



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Du ciel au cœur...

Baraka est née en 2006, en France, à Bordeaux et s’est élargi depuis, à Paris, et du  côté d'Annecy, inspirée par l'envie et la nécessité de voir germer d'autres mondes.

Conscients que personne ne viendra semer et arroser les graines à notre place, nous avons décidé de nous prendre en mains, nourrissant nos racines, des combats et luttes d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. Ceci en toute indépendance et lucides sur le fait que certains mouvements, en plus d'être incapables d'œuvrer pour le bien être des peuples, se sont parfois avérés complices et moteurs des systèmes qui les exploitent.

Nous portons tous en nous le sens sacré de la vie, nous aspirons à la beauté, au respect de la terre Mère, à la justice et la recherche de la vérité. Face aux systèmes inégalitaires, consuméristes, déshumanisants, porteurs de chaos et de mort, qui ont envahis la planète, il est urgent à la fois : de résister et de développer des alternatives.

Re-tissons des « liens » là où le monde « moderne » vide nos vies de leurs « sens » : entre justice sociale justice écologique et justesse intérieure !

Que ce soit autour de la Terre Mère ou en nous-mêmes, tout est affaire d’équilibre, de liens divers et d’entrelacements subtils…



La Baraka se diffuse de cœur à cœur …

Nos combats sont indissociables d’une interrogation profonde et intérieure de la part des individus qui les portent.

Dans ce sens, il n’y a pas de place pour l’ego dans notre démarche : Il nous semble que ceci passe par une remise en question continue, une écoute attentive, un comportement « juste » et la volonté d’apprendre à apprendre. Se connaître soi même, mais aussi, avoir en mémoire l’histoire des luttes, nous donne la force nécessaire pour poursuivre notre Chemin.

Ces démarches constituent le socle sur lequel des échanges constructifs peuvent s’édifier : quand nous rencontrons l'autre, il nous apporte autant que nous lui apportons. Nous sommes d’origines diverses et variées, et cette richesse de personnalités et d’expériences est pour nous une force certaine, qui s'épanouit dans l’écoute mutuelle. Être conscient de nos spécificités et les valoriser, permet finalement de s’ouvrir au Monde.

La Baraka prend des couleurs, des formes, des parfums divers et multiples, en vue d’un but commun...


Du cœur vers l'extérieur...

Si changer les mondes c’est aussi se changer soi-même, l’un ne prévaut sur l'autre, ils se complètent. A l’évidence, nos démarches personnelles et/ou spirituelles s'insèrent dans un projet de société global.

Nous opposons une résistance ferme et sans concession, aux systèmes capitalistes, impérialistes, et colonialistes, qui se sont imposés  aux peuples du monde.

Plus que leurs seules conséquences néfastes sur les peuples du monde, nous condamnons la nature intrinsèque de ces systèmes,  qui porte en elle le chaos, l’injustice et la mort. (A l'heure où certains parlent de capitalisme humain, de croissance verte, de colonialisme bienfaiteur, il est important de le rappeler...).

Ainsi les dégâts sont bien sur conséquents au niveau économique et marchand, mais aussi de façon concomitante sur les terrains de l'imaginaire, du rapport à soi et au monde, de l'écologie, du lien social, et de la liberté.


Ensemble dans la lutte...

A notre contestation, nous associons l'éveil des consciences, et la recherche d'alternatives concrètes aux modèles dominants, dans tous les domaines.

Si nous ancrons notre travail au niveau local, il nous parait indispensable de le re-lier à d'autres espaces porteurs de changement autour du monde, et d’être solidaire avec les peuples en lutte, et notamment pour leur autodétermination.

Nos engagements locaux, et notre solidarité transcontinentale peuvent prendre des formes très diverses. Baraka est un espace horizontal, autogéré, où rien n’est figé mais en mouvement et en recherche perpétuelle, un «laboratoire» de gens un peu «fous», qui comme Thomas Sankara, «osent inventer l'avenir».


Diffusons la Baraka et ré-enchantons les mondes !




Baraka Occitanie
« Matiou »
33210 Castillon de Castets
Tel : 06.77.67.78.72
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Annecy
barakatwo@gmail.com


Baraka est un espace horizontal, ainsi toutes les décisions sont prises lors des conseils. Que ce soit au niveau des différentes cellules ou des individus, chacun est autonome, tout en partageant avec l’ensemble du groupe.


« Plus sombre est la nuit, plus proche est le réveil »




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