Le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte, créé en 1995 pour porter le feu et la parole des insurgés et communautés zapatistes et plus largement des luttes sociales au Mexique, a continuellement fait le lien entre ceux qui luttent ici et là-bas, radicalement, contre le système capitaliste.
Engagés à soutenir toutes les luttes d’autonomie et de projets autogestionnaires, il nous semble fondamental de nous positionner face à l’expulsion du lieu occupé « La Clinique » à Montreuil et les violences policières qui ont suivi.
Pour nous, « La Clinique » était un exemple de construction d’espaces communautaires pour tous les sans voix et les sans droits ou se mêlaient projets de vie, de lutte et d’organisation politique, en dehors des partis.
Ce lieu était tellement important car il se voulait un centre social autogéré dans un quartier populaire de la périphérie de Paris. Comme toujours, l’État et sa police ont décidé de détruire cette expérience concrète de résistance et de construction d’un autre futur. Ils l’ont fait avec une violence extrême. Les mercenaires de la police ont délibérément blessé plusieurs habitants de « La Clinique » et leurs soutiens du quartier.
L’un de nos camarades a perdu un œil visé à la tête par un policier avec son flash-ball. Ce camarade fait notamment parti de La Parole errante, située également à Montreuil, espace culturel qui a toujours ouvert ses portes pour des initiatives en solidarité avec les zapatistes, les gens d’Atenco et plus largement aux différents luttes.
La violence dont a fait preuve une fois de plus la police à Montreuil n’est pas une bavure de plus : elle vise, ici comme au Mexique ou ailleurs, à dissuader les gens de reprendre en main leur vie et les territoires qu’ils occupent que ce soit celui de leur ville, de leur rue ou de leur communauté.
D’Atenco au Chiapas, de Montreuil à Tarnac, de la Guadeloupe au Pérou, de Toronto à Oaxaca, la police et l’armée sont à pied d’œuvre pour défendre l’État et ses valets.
Aux côtés de ceux qui luttent à Montreuil et ailleurs, nous continuerons à défendre nos territoires de vie et de résistance face aux gouvernants et aux exploiteurs.
Police hors de nos quartiers !Le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte.
Contact avec les habitants de la clinique :
laclinique93(a)gmail.com et www.laclinique.over-blog.net
Site internet de La Parole errante :
www.la-parole-errante.org
La clinique occupée à Montreuil n'a jamais été un centre culturel ou alternatif, mais un lieu d'organisation politique et de mise en question de la gestion de la ville et de nos vies. Se permettre d’occuper des espaces vacants, que ce soit pour accéder à autre chose qu’un logement insalubre ou minuscule, ou se donner les moyens d'éviter le travail salarié. S’organiser pour se rassembler en cas d’arrestation de sans-papiers, soutenir, rendre visible, empêcher. Se réunir pour soutenir des prisonniers pris dans l’épouvantail antiterroriste. S’organiser face aux institutions sociales pour éviter le contrôle permanent pour avoir un bout de RSA ou pour débloquer des cas individuels en occupant la CAF. S’organiser pour empêcher la venue de Nicolas Sarkozy ou Dieudonné. Des magasins gratuits dans la rue, un journal mural hebdomadaire, des barbecues et cantines, un ciné club et des projections, des concerts… La clinique c’est tout cela et bien d’autres choses.
Mercredi dernier, c'est tout cela qui s'est fait expulser par deux cent flics suréquipés occupant la Croix de Chavaux, le RAID bastonnant les habitants pour les arracher du toit.
Le soir même, lors d’une déambulation de protestation, 5 personnes se font tirer au flash ball au niveau de la tête. L’une d’elle est atteinte à l'œil, et le perd. Seules la préfecture et la presse minimisent toujours ces blessures et font mine de douter du lien entre le tir et cette mutilation.
Et pendant que nous nous faisons soigner, la police se couvre: le commissariat saisit l’IGS et le parquet charge lourdement deux personnes arbitrairement arrêtées ce soir-là. Exactement comme le 4 juin 2008, quand le même commissariat de Montreuil avait utilisé ces deux outils bien rodés après une violente charge contre une manifestation de protestation à l'arrestation d'un sans-papier: saisie de l’IGS et inculpation des manifestants blessés, dont un par flash ball. Déjà. Alors qu’un an plus tard les personnes mises en cause étaient relaxées grâce aux nombreux témoins, l’enquête de l’IGS n’avait donné lieu à aucune poursuite, tout comme celles de la CNDS (commission nationale de la déontologie de la sécurité) qui pourtant condamnait une « intervention disproportionnée ». Les fins tireurs de la BAC ce mercredi étaient-ils les mêmes?
Il n'y a pas à s'étonner de la violence policière. Nous continuerons à occuper la rue car c’est notre terrain de lutte et nous l'occuperont sans attendre que la Commission de déontologie, l’IGS, les Verts, la Mairie, le PS, la justice, ou le pape jugent que la police a exagéré et qu’il faut intervenir contre les violences républicaines. « Nous sommes casqués car nous prenons la mesure des dangers que l’on encourt quand on manifeste notre colère dans la rue. Il nous faut être prêts à nous défendre si les flics nous attaquent. » Voilà ce qu'expliquait le texte que nous avons lu et distribué aux quelques 500 personnes qui nous ont emboité le pas lors de la manifestation de lundi. Voilà pourquoi certains d'entre nous étaient casqués, équipés pour se défendre face à la police. Voilà pourquoi des banderoles renforcées protégeaient la tête et la queue de la manif. Le déroulé de la manifestation montre que ces protections n'étaient pas du luxe...
Les flics nous ont bloqué à diverses reprises. Les barrages ont été contournés jusqu’au marché de la Croix de Chavaux. Mais là, profitant du vaste espace de la place, les flics, gardes mobiles et fidèles BACeux, nous ont attaqué latéralement.
De la peinture et des pétards ont bien été jetés par endroits vers les Robocops surprotégés, pour soutenir les banderoles dans leur résistance aux charges policières, mais 11 manifestants, heureusement protégés de leurs coups par les banderoles, ont été isolés et placés en garde à vue . Ils ont été libérés sans suite judiciaire au petit matin, les flics n'ayant rien pour les charger juridiquement.
Dans la soirée, des vitrines de la rue piétonne, boîte d'interim (Tais-toi et trime), EDF (Tu peux pas payer, on va te couper), Quick (Boulot de merde, bouffe de merde), agence immobilière (Ça va te coûter cher) tombent. C'est le quatorze juillet. Dans tous le département, la police est débordée par les voitures qui brûlent et les feux d'artifices dirigés contre eux. La police fait ce qu'elle peut. Au commissariat de Montreuil, une manifestante est enfermée avec une gamine de 10 ans, arrêtée parce qu'elle avait des pétards dans son sac.
(écrit le) Mardi 14 juillet, La Boissière, Montreuil
Notre défense collective ne se construira pas en un jour.
Contre toutes les polices, organisons-nous.
m° Croix de Chavaux.
http://laclinique.over-blog.net/
«Je ne pense pas que la violence venait des manifestants. Mais bien des policiers». La député-maire de Montreuil, Dominique Voynet, interrogée ce mardi matin au micro de France Info, a dénoncé des violences disproportionnées de la part des policiers la nuit dernière.
Des centaines de jeunes, certains casqués et cagoulés, s'étaient rassemblés lundi en fin d'après-midi, à Montreuil, pour protester contre ce qu'ils qualifient de «violences policières» lors de l'évacuation d'un squat mercredi dans la ville.
Lundi 13 juillet, vers 20 heures, de nombreux jeunes font face à un important dispositif de forces de l'ordre, qu'il bombardent de fusées, de pétards ou de fumigènes, sans provoquer de riposte des gardes mobiles. Mais peu avant 21 heures, les forces de l'ordre commencent soudainement à tirer des grenades lacrymogènes puis chargent les manifestants, qui répliquent à coups de chaises, de pots de peinture et de projectiles divers.
«Si vous n'êtes pas contents, soyez conscients qu'en Iran, on tire sur des gens »
«L'ordre de dissoudre la manifestation, venu d'en haut, est arrivé à un moment où les manifestants étaient pourtant pacifiques, tranquilles. Où rien ne laissait présager une mise ne péril de la sécurité des personnes et de l'ordre public», témoigne Dominique Voynet. Selon elle, c'est le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) qui a donné le feu vert au commissaire de Montreuil. Un directeur qui s'est, selon elle, «illustré en disant à quelques personnes témoins de la scène des propos étranges et révoltants». Il aurait lancé : «Si vous n'êtes pas contents, soyez conscients qu'en Iran, on tire sur des gens ! ».
«Lorsque la manifestation a été dissoute, les forces de l'ordre, ne se sont d'ailleurs pas contentés de séparer les manifestants. Ils en ont plaqué un bon nombre contre les murs, certains ont été frappés à grands coups de matraque, d'autres ont été arrosés de gaz lacrymogène», poursuit la maire de Montreuil.
«Tout ceci s'est passé devant des habitants de la ville stupéfaits, effarées. Il y avait parmi eux des familles qui se rendaient au feu d'artifice du 13 juillet. Des clients des bars, qui observaient tout ça, avaient le sentiment qu'ils se trouvaient sur une autre planète», décrit-elle. Une démonstration de force «totalement inutile» qui a généré le désordre, estime Dominique Voynet, qui réclame aujourd'hui qu'une enquête soit ouverte.
PARIS (AFP) — La police des polices a été saisie après la plainte d'un jeune homme de 34 ans, qui affirme avoir perdu un oeil après avoir reçu un tir de flash-ball lors d'un rassemblement de soutien à des expulsés d'un squat à Montreuil, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.
L'inspection générale des services (IGS) "a été saisie après qu'un jeune homme eut déposé une plainte. Elle a déjà entendu le jeune homme et d'autres personnes dans cette affaire", a dit à l'AFP une source judiciaire.
"L'IGS est venue entendre mon fils à l'hôpital", a confirmé à l'AFP Stéphane Gatti, le père du jeune homme, Joachim Gatti. D'après M. Gatti, les médecins experts ont également déjà rendu leur rapport. Ils auraient conclu que "vu l'impact de la blessure reçue, celle-ci ne peut avoir été réalisée que par un flash-ball", a-t-il déclaré.
Les faits remontent à mercredi dernier. A la suite d'un ordre de la préfecture de Seine-Saint-Denis, une quinzaine de personnes ont été évacuées le matin, sans heurts, des locaux d'une ancienne clinique à la Croix de Chavaux à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Dans la soirée, environ une trentaine de personnes, dont Joachim Gatti, ont organisé un rassemblement "festif" devant les locaux de l'ancienne clinique pour protester contre l'expulsion.
La police a procédé à trois arrestations et tiré au flash-ball, selon des témoins et la préfecture. Touché, Joachim Gatti a été transporté dans un hôpital parisien. Il a perdu son oeil droit.
D'après la préfecture, les squatters, qui tentaient de réinvestir les lieux, avaient tiré en premier des projectiles sur les policiers, qui ont riposté en faisant usage de flash-ball. La préfecture a dit que l'enquête devrait établir s'il existe un lien entre les tirs de flash-ball et la perte de l'oeil de Joachim Gatti.
Pour Stéphane Gatti, "les policiers ont tiré sans sommation. Ce n'est pas une bavure mais une brutalité policière", dit-il.
"Ils (les manifestants) avaient organisé une fête de gnocchi avec de la sauce tomate devant la clinique. Il y a eu des feux d'artifice tirés. Ils ont cru qu'il n'y avait que trois vigiles. Une quinzaine de policiers sont sortis de leurs voitures et ont tiré sans sommation. Ils étaient à cinq mètres et ils ont tiré plusieurs fois avec leurs flash-balls. C'est une chasse au lapin", déclare M. Gatti.
"La ville a demandé une explication et salue la décision du commissaire de saisir l'IGS. Mais je constate que le travail de restauration d'une police républicaine n'est pas encore achevé à Montreuil", avait réagi Dominique Voynet, la sénatrice-maire (Verts) de Montreuil.
Dimanche, environ 60 personnes se sont retrouvées à Montreuil, dans le but de s'organiser en vue de prochaines actions pour protester contre l'intervention de la police.
"Que l'on habite un quartier de banlieue où la police harcèle quotidiennement la population, que l'on s'oppose aux arrestations de sans-papiers (...) il est de plus en plus fréquent de se trouver dans la ligne d'un policier prêt à dégainer", déclare dans un communiqué la Coordination des intermittents et précaires.
Une manifestation est prévue lundi 13 juillet à 19H00 à la Croix de Chavaux à Montreuil.
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Juin 2009 : la Demi Lune
La demi lune est un lieu occupé depuis nov 2008 au 64-66 rue de la demi lune a Montreuil.
C'est le lieu d'habitation et de vie de 20 grands, et 4petits, c'est aussi de nombreux concerts, 1 vide grenier, 28 barbecue, 2 paires d'échasses, 2 acordéons, 1 atelier velo, 32 assiettes, 86 brosses a dents...
La juge et l'huissier ont decidé que la demi lune etait expulsable sans délais,...
Une fois de plus, il est donc, temps de renaitre, de faire les sacs, tel des chasseurs cueilleurs
qui decident de quitter la terre pour rejoindre les étoiles....
Les bulldozers ne detruiront rien de ce que nous avons construit ici... on perdra cette partie avec le sourire
parce que dans le fond on ne joue que pour que le jeu s'arrete...
Et si nos vies sont precaires c'est que tout le reste ne l'est pas... parce que nos choix sont affirmés et non negociables...
On prefere dormir dehors demain plutot que d'ecraser la tete du voisin pour rentrer chez soi...
21 juin, premier jour de l'été? Et si le printemps était plus long que prevu? Les vacances seront pour plus tard... Nous sommes encore en temps de floraison....