L'enseignement supérieur est aujourd’hui en grève depuis le 2 février dans environ 46 universités. En Assemblé
générale ils étaient 1500 à Bordeaux, 1200 à Aix Marseille, 800 à Lyon… Une grève par rapport aux réformes sur le statu des enseignements chercheurs et sur la masterisation. C’est la
logique de la LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), qui touche cette fois-ci tant les enseignements actuelle que les futurs avec la réforme des statues des
enseignants chercheurs/euses et la masterisation, mais surtout dans une logique plus profonde de réforme de l’enseignement supérieure en général.
La masterisation et la réforme des statuts des enseignantes chercheurs/euses
Aujourd’hui, c’est la formation et le recrutement des professeurs qui est aussi attaqués avec la réforme de
l'IUFM, L'université prendra en charge les futurs enseignants qui devront passer par un « master enseignement » spécialisé (centré sur les programmes scolaires) en remplacement de leur
formation pédagogique rémunérée au sein des IUFM. C'est à dire d’un enseignement donnant une formation réelle au métier avec une approche du terrain lors du stage rémunéré. S’ajoute à cela la réforme du statut des enseignant-es-chercheurs/euses. Les enseignant-es chercheurs/euses vont être divisé-es en deux catégories : les bon-nes chercheurs/euses,
auteur-e-s de nombreuses publications dans de prestigieuses revues, qui auront moins d'heures d'enseignement et les autres ayant « moins produit » ou écrit dans des revues moins prestigieuses (ce
qui est le cas de l’énorme majorité des jeunes enseignants chercheurs et des doctorants) qui devront effectuer des heures d'enseignements supplémentaires, ne pouvant effectuer leur recherche.
Cette réforme censée améliorer la recherche sert en réalité de paravent à l'arrêt des embauches de professeurs puisque certain feront plus d’heures, remplacent les embauches. Ajoutés à cette
sélection par rapport a leurs publications ce sont les président-es d'universités qui recruteront les enseignants et qui décideront les bon-nes et les mauvais-es chercheurs/euses pour décider qui
fait de la recherche, et qui voit ces heures de cours accrues. Mais sur quels critères feront-ils/elles leur choix ? Au nom de la recherche (mais laquelle), au nom des
besoins de main d'œuvre nécessaire à chaque UFR ?
La destruction de l’enseignement supérieure Depuis le processus de Bologne qui plaçait l'éducation dans un but d’employabilité, de mobilité et la
compétitivité (1998), la LOLF (loi organique de finance 2002)et la LRU (2007), qui définissent les services publics comme devant être des institutions rentables , les gouvernements successifs
n'ont cessé de détruire les possibilités démocratiques et critique de l'enseignement supérieure, la recherche, et de leur rôle de service public égalitaire. Sous prétexte de chômage massif des
jeunes, suivant l’idéologie néo-libérale, le gouvernement s’est dit que les universités allaient maintenant se professionnaliser et être privatisé. En parlant de professionnalisation ce qui peut
être de bon augure dans certaines filières, il installe en réalité une sur-spécialisation avec mise à jour à volonté pour les entreprises qui peuvent (depuis la loi LRU) siéger au Conseil
d’Administration de la fac et donc avoir un poids conséquent sur le contenu des cursus. Cette surspécialisation a pour conséquence pour les étudiant-es de ne se voir dotés que d'une compétence
(sur une tâche précise) et non d'une formation généraliste permettant d'avoir un large panel dans les possibilités de métier (et alors ? s’ils ont choisi un métier précis tant
mieux…).
Université paris 8
Le financement, baisse des budgets, suppression de postes
De la maternelle à l’université, c’est tous ensemble qu’il faut lutter !
L’éducation publique dans sont ensemble est attaquée par les contre-réformes libérales. Baisse de moyens,
suppression de postes, durcissement de la hiérarchie, flicage des élèves et des profs, compétitivité et mise en concurrence... C’est la même logique partout, contre l’enseignement public et en
faveur du privé ! Pour illustration,Le Bac pro n’aura plus lieu en 3 ans mais en 4,le BEP disparaît, la Réforme Darcos des lycées
supprime les enseignements non rentables, Les réseaux d’aide spécialisée, les RASED, et 11000 postes par an jusqu’en 2012, les évaluations en CM2 permettront de classer et mettre en concurrence
les écoles comme le permet la suppression de la carte scolaire. Ajoutons la privation de l’université avec la LRU et la nouvelle réforme du CROUSS.
Face à ces réformes il est impératif de lutter de manière unitaire dans l'enseignement supérieur, dans
l'éducation et dans la société. Dans toute la communauté universitaire de Paris 8, des luttes se préparent, c'est pourquoi nous ne devons pas tomber dans le piège des revendications corporatistes
et donc ce cantonner à ces réformes sur le statut des enseignements chercheurs et la masterisation mais lutter tous ensemble contre la logique gouvernementale et soutenir toutes les formes de
luttes (grèves, occupations, rétentions de notes...). L'avenir ne se subit pas, il se décide, descend dans la rue et construit une autre société !