
En collaboration avec l'association ISHTAR, nous appuyons une initiative locale, au Burkina Faso, déjà existante et ne demandant qu’à rayonner davantage :
Le Centre Culturel de Gaoua, ou l’initiative militante d’un cinéaste, Drissa Touré, qui, à 400 km de Ouagadougou, essaie de redonner vie à une salle de cinéma en plein air, à l’heure où
celles de la capitale sont rachetées par des hommes d’affaires pour être transformées en supermarchés…

En 2004, c’est un lieu désaffecté que le cinéaste Drissa Touré investit. Il entreprend tout d’abord de la
rénover par ses propres moyens. Puis, soutenu par les aides
financières de Africa Cinémas, il y développe une programmation très originale, à la fois respectueuse des inclinations actuelles (quelques bons films hindous et de karaté) et résolument tournée
vers le cinéma africain, évidemment. En parallèle, il propose des séances « découverte » destinées au jeune public.
Il pouvait sembler difficile de réinvestir un lieu resté si longtemps clos, surtout pour y développer une démarche aussi militante.
Drissa Touré a dû faire preuve d’acharnement, allant parfois jusqu’à sillonner la proche région avec son
mégaphone pour informer la population alentour. Mais très vite la salle Farafilm de Gaoua a retrouvé son public et, artisan ou nanti, l’on s’est à nouveau serré, en fonction de ses moyens, sur
les bancs du parterre ou de l’orchestre.
Et puis, alors que ce petit cœur culturel de Gaoua battait pleinement, le programme d’Africa Cinéma s’est arrêté et Drissa Touré a dû brutalement renoncer à ses subventions, avant d’avoir eu le temps de trouver d’autres appuis… Alors la salle a de nouveau fermé.
Son gérant est resté à Gaoua, spectateur de ce rêve brisé et pourtant encore animé par sa foi en ce
projet....
En 2006 les autorités locales lui promettent une aide s’il réussit à relancer un partenariat autour de la création d’un centre culturel polyvalent. A Ouagadougou il gagne l’appui du Centre
International du Théâtre de Ouagadougou qui finance un petit réaménagement de la salle pour qu’elle puisse accueillir du théâtre, et qui en fait un lieu de représentation décentralisé de ses
spectacles.
Par ailleurs le CITO compte développer une activité de programmation cinématographique et propose à Drissa Touré de bénéficier à Gaoua des films programmés à Ouaga.
En 2007, la salle Farafilm accueille une programmation originale lors du FESPACO, le festival de cinéma de Ouagadougou :
Mini-Fespaco à Gaoua :
Les cinéphiles de Gaoua ont bénéficié de la projection de films primés lors de la dernière édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), du 10 au 15 mars 2007. L'événement baptisé " Gaoua cinéfest " a été initié par Drissa Touré, réalisateur et gérant de la salle de cinéma Farafilm. Il s'agit des films des femmes de l'Union nationale des femmes de l'image du Burkina (UNAFIB) dont la série " INA " de Valérie Kaboré, " L'illusion " de Germaine Ouédraogo (film primé), " Le Beurre et l'argent du beurre ", tourné en partie à Gaoua et réalisé par Johany Traoré. Les documentaires " Mamio ", " Chantou, la vendeuse de déguè " ont également été diffusés. Grâce à la collaboration de la direction régionale de l'enseignement de base et de l'alphabétisation du Sud Ouest DREBA-Sud Ouest et le Plan international, bureau de Gaoua, les enfants ont eu leur espace. Un espace enfant a permis d'offrir un cadre aux tout petits et aux élèves des écoles primaires de la commune. Des dessins animés, tels " L'enfant lion " ; " Astérix et Cléopâtre " sont passés le 15 mars à partir de 19h30 suivis le lendemain par un débat forum avec les enseignants.
(Sidwaya - La Rédaction Internet)
La salle de cinéma de Gaoua vit ainsi de beaux « sursauts » mais Drissa Touré manque aujourd’hui de moyens pour pérenniser son activité. La demande est très importante puisque cette salle est la seule de la province !
Afin de contourner les importants frais de location et transport de bobines
depuis la capitale, Drissa Touré a souhaité équiper sa salle d’un vidéoprojecteur : cette solution permettra aussi de développer le projet d’un « cinéma ambulant » qui se déplacera dans les
villages alentours pour organiser des projections de documentaires dans les établissements scolaires.
Grâce à l’aide de tout un petit groupe de motivés (Bravo et merci à tous !), et profitant de notre voyage au Burkina a l’occasion du forum social « Etrange rencontre », nous avons pu trasporté à Gaoua un vidéo projecteur professionnel.
Ceci grâce à un généreux donateur parisien et à l’aide de la compagnie Point Afrique pour le
transport !
La seconde priorité serait l’acquisition d’un ordinateur assez puissant pour un
travail sur l’image : depuis son arrivée à Gaoua, Drissa Touré a mis en œuvre plusieurs projets de documentaires sur la région qui sont en attente de montage et il souhaite pouvoir développer
cette démarche dont la particularité « régionale » a convaincu les autorités locales à manifester un plus grand intérêt à la réhabilitation complète du site. Par ailleurs ce matériel informatique
servirait à assurer les travaux de communication et d’échange nécessaire au rayonnement du centre. Il faudra aussi réussir à sonoriser la salle.
L’objectif à long terme est de permettre à cette unique salle de la région de devenir un centre pluridisciplinaire à temps plein. Drissa Touré souhaiterait aussi dans un deuxième temps organiser des ateliers de formations en cinéma, à destination de la jeunesse.
Cela pourrait permettre d’organiser, sur le modèle des chantiers pour la jeunesse, des sessions où des
formateurs du Burkina Faso et d’ailleurs assureraient le bon déroulement des ateliers.
A l’heure où ce genre d’espace est réquisitionné, même à la capitale, par des commerçants ou des associations sectaires, il nous a semblé urgent d’apporter à ce projet courageux une première
aide, et de continuer par la suite à soutenir l’initiative de Drissa et à travers lui, le cinéma Africain !
MI MARS 2009 : UNE INTERVIEW DE DRISSA FILME EN AOUT 08
| Photo de la salle de cinéma et de Gaoua - Aout 2008 |
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